Quand on est expat' en Californie, on rechigne à aller chez le coiffeur asiatique qui ne comprend que le langage du sabot, on évite de conduire avec un coup de trop dans le nez au risque de le payer TRES cher (demandez autour de vous les histoires de DUI-Driving Under the Influence), mais surtout, on évite d'être malade pour cause de frais irréels ($25 000 pour une chirurgie légère et un lit occupé moins de 6h) et d'assurances maladies qui ne remboursent qu'aux riches.
En bon français chauvin, changer d'une assurance française pour une assurance américaine relève de l'impensable tant nous chérissons notre bon vieux système de la sécurité sociale. Eh bien figurez-vous que l'expat' californien n'a pas une peau qui vaut bien chère si en croit ce récit révoltant, choquant et très anxiogène pour les expatriés qui pensent que les assurances françaises sont imbattables.
Récit de Armelle Vincent, publié sur Rue89
"(De Los Angeles) Dans la nuit du 24 juin 2008, mon amie Brigitte est morte d’un cancer. Après une lutte de vingt mois, elle s’est finalement éteinte chez elle, entourée de quelques-uns de ses amis et de ses deux enfants de 14 et 16 ans. Brigitte était française. Elle était venue en Californie il y a dix ans, par amour. En France, elle avait été productrice d’une émission de M6. Elle aimait raconter qu’elle avait découvert Manu Chao lorsqu’il était encore presque inconnu. N’allez pas croire cependant qu’elle se prenait au sérieux. Elle était tout le contraire de ça.
Ce n’est pas son histoire cependant que je veux raconter ici mais son combat avec son assurance maladie alors qu’elle gisait mourante dans le petit appartement qu’elle partageait avec ses enfants. Si je vous disais que l’assurance médicale en question était américaine, vous seriez choqué, mais nullement étonné. Mais Brigitte avait choisi Mobility Benefits (une marque déposée de Mobility Saint-Honoré, une filiale d’Assurances et Conseils Saint-Honoré), persuadée qu’elle y serait mieux traitée que par une HMO (Health Maintenance Organization). A l’époque, elle ne savait même pas qu’elle était malade. Mais elle n’allait pas tarder à le découvrir.
En 2005, Brigitte était employée par une maison de production de Los Angeles spécialisée dans les jeux télévisés, et mariée à son directeur. Ils étaient tous deux assurés par leur employeur. Mais ils perdirent leur emploi et, avec lui, leur couverture maladie. Pensant qu’il obtiendrait une meilleure protection, et que la facture mensuelle (plus de 1 000 dollars environ) lui achèterait plus d’humanité -ceux qui ont vu l’excellent documentaire de Michael Moore, “Sicko” sur le système de santé américain comprendront de quoi je parle-, son mari choisit la française Mobility Benefits.
Divorce et chômage ne font pas bon ménage avec les assurances maladie
Quelques mois plus tard, le couple entamait une procédure de divorce. A peine séparée, Brigitte était transportée d’urgence à l’hôpital après avoir soudain perdu l’usage de la parole et des gestes les plus familiers. A un instant donné, elle m’achetait un cadeau d’anniversaire, l’autre, elle ne savait plus ni parler ni allumer son briquet. Les médecins allaient nous apprendre qu’elle avait un cancer du poumon et sept tumeurs au cerveau.
En cas de divorce ou de chômage, il est possible de perdre son assurance maladie. On est en droit cependant d’obtenir un répit de dix-huit mois, via un système appelé Cobra. Je ne sais pas à quelles lois obéit Mobility Benefits. Après le diagnostic, l’assurance accepta de garder Brigitte contre une facture mensuelle délirante d’environ 1 600 dollars mensuels pour elle et ses deux enfants. Une doctoresse, employée par l’assurance, assure aujourd’hui que Mobility aurait pu se débarrasser de Brigitte et qu’elle a agit par humanité. Franchement, j’ai du mal à la croire. Ce que je sais en revanche, c’est que cette femme a fait preuve d’un cynisme inouï lorsque la mort prochaine de Brigitte est devenue la seule issue possible.
Il y a deux mois, les oncologues qui la suivaient ont décidé d’arrêter la chimiothérapie. Le cancer s'était propagé partout ou presque. Brigitte n’avait plus que quelques semaines à vivre. Au fil des jours, elle est devenue de plus en plus faible. Au début, les amis se sont relayés à son chevet. Mais il est devenu très difficile de s’occuper d’elle. Il a été décidé de faire appel à un service d’aides soignantes, de professionnelles qui sauraient gérer une situation devenue trop grave pour des amateurs comme nous.
Quand les traitements sont inutiles, l’assurance ne paye plus
L’ex-mari de Brigitte a alors entamé un dialogue avec Mobility Benefits. Il voulait que l’assurance couvre ces frais, estimés à 10 000 dollars par mois. Réponse de la doctoresse:
“Il n’en est pas question. Ce n’est pas notre problème. D’ailleurs, ce n’est plus un problème médical puisqu’elle est en train de mourir et que les traitements sont devenus inutiles.”
A des milliers de kilomètres de là, ne connaissant rien de leur histoire, cette femme s’est lancée dans une diatribe contre le divorce, accusant l’ex-mari de ne pas avoir fait face à ses responsabilités (il était en fait plus présent que jamais). Terry a essayé de lui faire comprendre que Brigitte n’était plus en état de se nourrir parce que bien trop faible, que ses enfants avaient besoin d’aide, que les amis ne pouvaient plus assurer les soins d’une patiente rongée par un cancer généralisé, que c’était bien du ressort de la communauté médicale de la prendre en main et de couvrir les dernières semaines. La doctoresse n’a rien voulu savoir:
"Ce n’est pas mon problème. Estimez-vous heureux que nous n’ayons pas annulé son assurance après son diagnostic."
Si Brigitte n’avait pas eu les moyens de payer les aides-soignantes durant ses quatre dernières semaines de vie, elle aurait été seule, sans les soins si nécessaires pour mourir dignement. Et la doctoresse n’en aurait eu cure. Et nous qui pensions qu’en France, tout était différent… "

Partant en expat aux USAs, ça fait reflechir... même si je prendrais de toute façon l'assurance maladie US fournie par ma boite, sans autre choix.
Sur un autre plan moins grave: un avis sur les diverses solutions pour la retraite?
Rédigé par : Yann | 09 juillet 2008 à 23:24
assureur, sale métier
Rédigé par : Simon | 09 juillet 2008 à 23:34
La Caisse des Français à l'Etranger (www.cfe.fr) propose trois types d'assurance. Celle pour la retraite t'en coutera la modique somme de €1300/trimestre...juste pour continuer à capitaliser tes années de boulot à l'étranger.
Rédigé par : Guillaume | 09 juillet 2008 à 23:52
Merci!
Tu as choisi cette solution ou tu as un 401K ?
Rédigé par : Yann | 10 juillet 2008 à 21:11
J'ai la chance d'etre expatrié via une boite Française qui fonctionne avec la CFE. C'est transparent pour moi et ma feuille de paie :)
Rédigé par : Guillaume | 11 juillet 2008 à 00:45
Ok merci du renseignement, je vais surement prendre la CFE dans ce cas et une mutuelle US.
A plus si tu passes par NYC.
Rédigé par : Yann | 11 juillet 2008 à 22:12
Gloups. Une bonne lecture avant d'aller dormir...
Rédigé par : Stef | 15 juillet 2008 à 07:36
After all,it contains two media:text and graphics(the figures). Nevertheless,when most pepole refer to multimedia,they generally mean the combination of two or more continuous media,that is, media have to be played during some well-defined timed times interval
Rédigé par : nike shox deliver | 18 juillet 2011 à 09:47